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 Vertigen

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On m'appelle Kozuki Tsukane mais est-ce ce que je suis?avatar
Ex-Ju Ichi Ban Tai Yon Seki
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MessageSujet: Vertigen   Sam 14 Jan - 22:32

Kozuki Tsukane
♦ Age réel: 70 ans
♦ Age apparent: 20 ans
♦ Race: Shinigami
♦ Groupe: Shinigamis Exilés
♦ Spécialité: Zanjutsu



Miroir
Si l'on ne devait retenir qu'une chose de cet ancien membre des forces armées de la Cour, ce serait cette tignasse rousse et son caractère bien marqué. Mais la réduire à si peu de choses ne serait pas lui faire honneur.

Ayant développé très tôt un instinct assez bagarreur, la jeune femme a su se montrer bien plus combattive et violente que beaucoup d'hommes de son ancienne division, pourtant connue pour recueillir des barbares de la pire espèce. Et avoir passé la majorité de sa vie à la Onzième Division, au milieu d'eux, seule femme dans un monde d'hommes, n'a pas arrangé les choses. Pourtant rien ne prédisait cette évolution. Ne dépassant pas les 1m70, son corps est fin et musculeux, taillé pour les combats tout en conservant une élégance délicate. Tsukane ne possède pas les charmes basiques d'une demoiselle, ce corps qu'elle a entrainé à l'excès n'ayant jamais prit les courbes charmantes qui séduisent habituellement les hommes.

Sa peau blanche et vierge de toute cicatrice contraste avec sa longue chevelure d'un roux sanguin et ses grands yeux émeraude, laissant souvent une impression de malaise quand on s'attarde à trop l'observer. Ses traits durs et sérieux ne laissent désormais que rarement la place à ce sourire délicat qui ornait il y a encore peu son visage fin.

Les cinquante années passées au sein de la division guerrière ont forgés son mental bien plus qu'on ne pourrait l'imaginer. Fière et insoumise, elle passe pour l'une des plus sanguinaires, et à juste titre: son pouvoir la reliant au liquide vital, elle aime le voir couler et ruisseler sur ses ennemis, pour s'en servir ou juste pour le plaisir. Les heures et jours passés à s'entrainer avec acharnement ont fini par lui apporter une patience infinie et une rage de vaincre, et les nombreuses brimades qu'elle a subi de ses camarades masculins lui ont permis d'outrepasser cette pudeur encore enfantine qu'elle avait en sortant de l'Académie. N'ayant plus aucune honte ou retenue, elle peut sans problème se débarrasser de ses vêtements s'ils la gêne, sa fine poitrine et ses hanches dissimulées par des bandeaux la laissant libre dans ses mouvements.

Sa fusion et son entente avec l'âme de son zanpakuto sont quasi parfaits, et les deux entités ne font souvent plus qu'une lors des combats. Pour preuve de cela, toute personne un peu observatrice notera que les yeux de la jeune femme virent à l'argent glacé sous le coup d'une émotion trop puissante ou d'une rage martiale. Hasugin'ori brouille souvent la vision périphérique de sa maitresse et change parfois son mode de perception en des nuances de gris et de rouges, les détails se confondant souvent pour ne dessiner que les formes principales. Dans cette version étrange de la réalité, Tsukane a su apprendre à fonctionner au mieux, son mode de combat tenant plus de la folie meurtrière qu'à la gentille bataille rangée.

Mais au delà des apparences belliqueuses et de la hargne qu'elle montre à tous, la rouquine dissimule des vérités au plus profond d'elle, sous un masque froid et inexpressif. De son passé remontent souvent la déception, la trahison, l'abandon et la haine qu'elle éprouve envers elle-même. Peu de choses la retiennent encore à la vie qu'elle a pourtant choisi, et son comportement est devenu encore plus suicidaire qu'auparavant. Ceux qui pourraient aujourd'hui reconnaitre la jeune fille qu'elle était il y a encore quelques mois, et il n'est pas sur qu'elle puisse revenir en arrière, tout cela lui semble désormais futile. Elle avait quitté ceux qu'elle aimait, sa famille naturelle comme celle d'adoption, son foyer, pour finalement ne trouver qu'illusions à son arrivée dans le monde réel.

Et c'est cette situation qui l'a plongée dans cet état de dépression agitée de cruauté pure, la faisant passer de l'apathie morbide où elle passe le plus clair de son temps à des sursauts sanguinaires.

Derrière l'écran

Pseudo/Surnom: Tsu'
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Comment avez-vous connu le forum? c'est mon mien ^^
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MessageSujet: Re: Vertigen   Dim 15 Jan - 1:46

Histoire
I want you to watch when I go down in flames.
Soixante-dix ans, cela faisait soixante-dix ans qu’elle avait vu le jour, qu'elle avait prit sa première respiration. Et cela lui semblait une éternité, son enfance, son adolescence, sa vie de guerrière sous les ordres du taisho pour qui elle aurait donné sa vie. Assise dans le noir contre le mur de la chambre qu'elle occupait, ses yeux se perdaient dans le vie, son corps pourtant habitué au mouvement n'en esquissait aucun. Si ses parents avaient pu prévoir ce que deviendrait leur fille, leur ainée, l'auraient-ils empêché d'entrer à l'Académie, de suivre la voie du guerrier? S'il avait su, son ami l'aurait-il tuée pour son bien? Si elle-même s'était douté du chemin qu'elle empruntait, se serait-elle retenue? Tsukane en doutait fortement, comme de tout ces derniers temps. Tout ce en quoi elle avait cru avait disparu pour laisser la place à un vide immense où elle se plongeait presque en permanence. Pour ne plus sentir, ne plus souffrir, ne plus penser à ce qui la hantait dans ces moments de conscience aiguë qu'elle haïssait.
Qu'était devenue l'enfant joueuse qui aimait jouer au shinigami, cette jeune étudiante qui dévorait d'épais volumes de stratégie militaire jusqu'à s'endormir dessus? Morte, certainement, comme beaucoup de choses en elle.

Née dans le District Nord, dans une zone à l'abri de la misère et des massacres permanents, sa famille était des plus modestes. Ses parents voulaient un garçon, souhait que son petit frère exauça deux ans après elle, mais ils étaient heureux. Elle avait grandit là-bas, insouciante du monde qui les entourait, ignorant tout des hollows, des luttes incessantes et des pouvoirs en place dans le lointain Seireitei. Bien sur elle avait croisé des shinigamis, ces soldats de la Cour, mais ils n'étaient pas monnaie courante dans cette zone et elle les oubliait bien vite. Ce n'est que dans sa onzième année, alors que l'adolescence prenait doucement le pas sur l'enfance, qu'elle remarqua l'un d'eux, sans savoir encore maintenant ce qui avait pu la marquer en lui. Son sourire charmant et charmeur, sa voix profonde ou juste son allure? Aujourd'hui encore elle ne savait pas, mais son image s'était imprimée dans sa mémoire pour ne plus la quitter, jour et nuit, pour finalement la laisser persuadée qu'elle devait le rejoindre coûte que coûte.

Trois ans plus tard elle faisait son entrée à l'Académie, sûre d'elle, au grand désespoir de sa famille. Selon eux, elle n'aurait jamais du y aller, peut-être avaient-ils eu raison de s'y opposer, peut-être avait-elle eu tord d'insister jusqu'à l'acharnement pour finalement y aller contre leur avis. Mais elle avait réussi les tests d'entrée et plus rien ne l'empêchait de continuer sur cette voie qu'elle s'était choisir.

I want to swing with my eyes shut and see what I hit.
Seize ans. La jeunesse, l'insouciance, les tempéraments fougueux et les corps qui s'échauffent. L'adolescente qu'elle était alors profitait pleinement de tous les aspects de sa vie d'étudiante à l'Académie, enfin libérée du joug de ses parents et du jugement de son cadet. La journée, elle suivait les cours avec application, étudiant le kido, les tactiques de combats et la stratégie, montrant sa valeur lors des entraînements au zanjutsu et au hakuda bien qu'elle préférait largement la voie de la lame. La nuit, c'était différent. La rouquine ne restait que très rarement dans sa chambre à dormir, trop insatiable de cette vie nouvelle qui s'offrait à elle. Les plaisirs de la nuit aussi différents soient-ils que ceux du jour, lui ouvraient une nouvelle voie... peut être bien moins sage, sous le regard bienveillant de l'astre dont elle portait le nom.

L'errance empressée dans les couloirs à la recherche d'une porte ouverte, la pénombre de la salle de cours qui était remplie la journée dissimulant ces deux corps affamés. Les vêtements avaient volés bien vite aux quatre coins de la pièce déserte pour laisser place au désir pur. Deux corps se mouvant l'un contre l'autre, l'un dans l'autre, sous les soupirs échappés de leurs lèvres. Mais l'esprit de la rouquine vagabondait déjà ailleurs, imaginant contre elle un autre homme, un autre corps. Ce n'était pas les mains de ce jeune homme qu'elle ne connaissait même pas, mais celles de celui pour qui son cœur battait qui parcouraient sa peau. Chose étrange, elle ne voyait plus vraiment son partenaire, mais celui qui hantait ses rêves. C'était sa voix qui en demandait plus, son torse qui se pressait contre le sien, son doux visage sous les affres du plaisir. Un rêve, son rêve, celui qu'elle souhaitait plus que tout se voir accordé. Être dans les bras de l'homme, l'entendre lui murmurer tous les mots qu'elle fantasmait....ou juste pouvoir se blottir contre lui après des ébats de passion brute. Être sienne, sans aucune limite...

Mais son corps la rappela à la réalité, ce n'était pas lui qu'elle voulait, qu'elle désirait, mais son corps réclamait des choses bien plus réelles qu'un simple désir d'adolescente. Pourquoi lui après tout ? Il ne lui ressemblait même pas, ils n'étaient pas dans les mêmes classes, non il avait juste eu le bonheur ou le malheur, selon le point de vue, de croiser son chemin. Ses ongles griffèrent sans aucune tendresse le torse et le dos de l'autre académicien, il n'était rien pour elle, juste un support où dessiner le corps et le visage de l'homme qu'elle désirait plus que tout. Si elle ne pouvait connaître la petite mort dans les bras de celui qu'elle chérissait, tout homme serait potentiellement un remplaçant. Tous sauf un bien sur.

Lui était différent de tous les autres, et malgré tout ce qui les opposait ils s'étaient rapprochés. Roturière et noble, le duo le plus improbable et le plus insolite, qui pourtant faisait merveille. Il n'était pas aussi strict que sa naissance le lui imposait, du moins pas avec elle, et la rouquine avait apprit à agir un peu plus délicatement à son contact, du moins quand il était là. Les contraires s'attirent, c'était ce que disait le dicton populaire, la demoiselle ne pouvait qu'approuver. Dans quatre ans ils entreraient dans des divisions, au service de la Cour, et seraient très certainement séparés. Un noble n'entre pas dans la division des barbares qu'elle briguait, tout comme une roturière ne peut décemment pas servir sous les ordres du noble capitaine Kuchiki.

Parfois elle aurait voulu partir loin du Seireitei, loin de leur monde, pour essayer d'oublier le regard si beau de cet homme qui la hantait, et emmener le jeune noble avec elle. Pouvoir juste vivre pour eux, sans se soucier des autres, juste la liberté d'agir comme bon leur semblait. C'était le genre de propositions qu'on faisait à un amant en temps normal, mais la fuite avec lui serait bien plus rassurante qu'avec n'importe quel homme. Mais elle ne l'avait pas fait à l'époque, et les évènements qui avaient suivit n'en avaient été que plus durs.

D'un regard, elle observa ce corps qu'elle avait eu contre elle pendant un peu trop longtemps à son goût. Non, vraiment elle ne voyait rien en lui qui avait pu lui rappeler cet homme qui la hantait depuis des années. Le plaquant violemment au mur le plus proche, elle lui fit jurer de ne rien dire à propos de leur brève étreinte sous la menace d'une mort dans d'atroces souffrances si jamais il se parjurait. La demoiselle récupéra ses vêtements et se rhabilla prestement, voulant mettre le plus de distance entre ce pauvre type qui avait croisé sa route un soir où elle s'ennuyait et elle. Tsukane quitta la salle vide sans se presser, sans hâter ses pas, elle n'était absolument pas gênée de ce qu'il venait de se passer et ne craignait en rien d'être surprise sur le fait. La peur était pour les faibles, y comprit celle d’être puni, et ne faisait pas partie du caractère de la toute jeune femme. Se faufilant à travers les couloirs vides de l'Académie, elle avait reprit le chemin des dortoirs dans un silence parfait.

Elle pouvait entrevoir par les fenêtres le ciel s'éclaircir, d'ici quelques heures les étudiants et les professeurs marcheraient dans ces couloirs encore vide à cette heure. Elle savait exactement où elle se rendait, n'hésitant pas un seul instant sur la direction à prendre. Le visage de celui qu'elle avait séduit pour une brève étreinte s'estompait déjà dans sa mémoire, il ne serait bientôt plus qu'une ombre sur son tableau de chasse pour le moment peu imposant. Les lueurs du jour coloraient le ciel de teintes orangées mais elle ne s'en souciait pas vraiment. Dans quelques heures les cours commençaient, elle devait se changer et se préparer à une nouvelle journée harassante.

Son corps portait encore l'odeur fugace du plaisir de cet homme dont elle ne se souvenait plus du visage, légèrement courbaturé aussi. Pourrait-elle un jour oublier cet homme qu'elle avait vu pour la première fois alors qu'elle n'était qu'une enfant ? Soupirant, elle reprit sa marche jusqu'à sa propre chambre, alors qu'une larme coulait sur sa joue. Un dernier coup d'oeil dans le miroir avant de s'habiller, elle vit son visage ravagé par les larmes et ferma les yeux pour se laisser glisser au sol. Comment oublier celui qui faisait battre son cœur, cette idée d'être un jour dans la même division que lui qui la poussait à se surpasser chaque jour ? Sans un mot, Tsukane essuya ses larmes et passa son uniforme, les cours commençaient dans quelques minutes, elle ne pouvait pas être en retard.

I want you to understand that my malevolence is just a way to win.
Comme une photo qu'on aurait placé devant ses yeux, elle se revit, à peine vingt ans, entrer à la Onzième Division. Chaque nuit, elle allait se percher sur un toit pour essayer de calmer toute la colère et la rancœur accumulée dans la journée. Les autres divisionnaires lui menaient la vie dure, elle n'était qu'une fille, incapable selon eux de se battre correctement et de ne pas ralentir le groupe par sa préciosité. Tous les soirs, elle s'asseyait en hauteur et regardait la division dormir, réfléchissant à tout et rien, mais une image s'imposait à elle sans cesse.

Sa division, les guerriers, les barbares du Seireitei, ceux qui vouent leur vie aux combats. Pour rien au monde elle n'aurait échangé sa place, cet endroit était le seul où elle se sentait chez elle, il y avait bien longtemps que la maison de sa famille ne remplissait plus cet office. Et la toute jeune fille qu'elle était alors idolâtrait le grand Kenpachi, maître incontesté et incontestable de cette troupe de dieux de la mort, littéralement. Personne ne se battait comme eux, ils étaient les monstres, les renégats, et Tsukane se sentait vivante parmi eux. Tout était si calme, si paisible, à l'exact opposé de la journée, trop occupée à s’entraîner pendant des heures pour prouver qu'elle n'était pas un poids inutile. Ne pas décevoir son capitaine, impressionner ses co-divisionnaires aussi, mais se prouver surtout qu'elle n'avait pas fait une monumentale erreur. Ses motivations avaient une base bien triviale tout de même, mais sa décision avait été renforcée par les talents qu'elle avait montré à l'Académie lors de l'apprentissage du Zanjutsu, l'art de l'épée. Cet amour brut et sincère de son arme, de sa lame, de l'âme qui y résidait, leur parfaite adéquation, voilà ce qui avait fini de convaincre la demoiselle pour le choix de sa division.

Cela avait prit du temps oui, mais elle était un peu mieux acceptée au milieu de tous ces hommes, sans compter le fait que sa féminité restait vraiment à prouver. Une chose seulement pouvait le faire, et elle le tenait secret au plus profond de son être. La seule personne au courant ne risquait certainement pas de la trahir, elle avait confiance en lui. Le cœur de la rouquine battait certes au rythme de la division, mais ne paraissait réellement vivant qu'en présence d'une personne bien particulière. Un seul regard dans sa direction, et son cœur s'emballait, menaçant de sortit hors de la poitrine de la jeune fille. Qui pourrait jamais croire qu'au delà de l'apparence de la guerrière sans pitié, il y avait aussi une femme désirant un homme, espérant qu'un jour il la voit réellement. Qu'était l'amour sinon une chose gênante, un handicap lors d'un combat ? Que se passerait-il si elle le voyait tomber sous les coups d'un ennemi, mourir sur un champ de bataille ? Non, elle ne voulait pas y penser, l'image du corps lacéré et sans vie de celui qu'elle aimait hantait bien trop souvent ses nuits, la réveillant parfois en sursaut dans le dortoir qu'elle partageait avec ses camarades. Et elle restait éveillée, assise dans le noir, recroquevillée sur elle-même en essayant de faire taire ces angoisses qui n'avaient pas lieu d'être. Elle n'était rien de plus qu'une membre de la Division de l'Achillée pour lui, il n'en serait jamais autrement. À chaque fois, cette pensée la réconfortait et la terrifiait encore plus, mais qu'espérer de plus que d'être une ombre, si loin et pourtant si près de lui.

Le vent froid la ramenait à la réalité, alors que son regard se posait sur le bâtiment abritant les appartements des sièges. Quelque part dans une chambre, l'homme dormait, paisible, son sommeil sûrement occupé par des rêves de ces combats qu'il aimait tant...qu'ils aimaient tous. Que n'aurait-elle pas donné pour pouvoir le regarder dormir... Son cœur se serra un peu plus alors qu'elle jetait la cigarette éteinte au loin. Tsukane ne pouvait ni devait pas espérer ainsi, elle se faisait du mal et elle le savait. Elle était seule et elle le resterait, ne faisant qu’enchaîner les passades et les aventures d'une nuit sans jamais s'attacher, son cœur étant déjà prit. Elle aurait voulu ne jamais le croiser alors qu'elle n'était qu'une enfant, ne jamais s'attarder sur son sourire, sur son visage, sur ces yeux qui l'avaient ensorcelée. Mais elle ne pouvait pas s'empêcher de penser à lui, toujours lui, son image s'imposant à son esprit dès qu'elle fermait les yeux.

Elle se releva, debout en équilibre sur le haut du toit alors que le vent s'engouffrait dans ses cheveux. Une larme coula sur sa joue, qu'elle laissa mourir, avant de descendre en silence. Le chemin pour se rendre aux dortoirs passait forcément devant cette porte qu'elle rêvait de franchir, et elle s'arrêta devant, y apposant sa main sans un bruit, guettant un mouvement à l'intérieur. Rien, juste une respiration lente et paisible, il dormait. Tsukane continua sa route sans un regard en arrière. De nombreuses journées, une multitude de nuits s'écouleraient ainsi, la laissant prisonnière de cet amour à sens unique.
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MessageSujet: Re: Vertigen   Dim 15 Jan - 3:17

I want you to know that being kind is overrated
Et elle s'était enfoncée petit à petit dans une routine monotone et guerrière. La Onzième Division était son foyer, sa raison d'exister. Depuis près de quarante ans, c'était l'endroit qu'elle considérait comme chez elle. Kenpachi-sama y incarnait une figure paternelle bien plus présente et bien plus efficace que celle de son propre père, et pour rien au moins elle n'aurait fait quoi que ce soit pouvant le décevoir ou lui faire regretter ses décisions la concernant. Il l'avait accepté au sein de la division, l'avait promue quatrième siège à peine un an auparavant, lui avait confié les tâches administratives, et elle ne devait pas le décevoir. Sous le commandement du capitaine Zaraki, n'importe lequel des membres de cette division aurait donné son arme et sa vie, pour mourir sous ses ordres. ''La victoire ou la mort'', leur devise, leur raison d'être. Il était bien plus normal après tout de mourir parce qu'on avait perdu, plutôt que de rentrer couvert de plaies en avouant qu'on avait été perdant.

Une fois, une unique fois, elle avait vu son taisho afficher un fin et discret sourire après qu'elle ait remis à sa place, zanpakuto à la main, l'un de ceux qui l'avaient traitée de ''petite mijaurée''. Et ce simple signe avait suffit à réchauffer son cœur pour des semaines. S’entraînant bien plus que tous les autres, vivant au milieu d'eux, elle ne se considérait presque plus comme ce qu'elle était pourtant, une femme.

Une quarantaine d'années après son entrée dans la division, elle était devenue Quatrième Siège, le poste entre celui de Madarame-sama et celui d'Ayasegawa-sama. Elle y avait gagné un peu plus de respect de la part des autres hommes ainsi qu'un certain droit de paroles sur les affaires de la Division, qu'elle n'utilisait que rarement, ou quand l'un de ses supérieurs directs le lui demandait. Mais pour toujours, son coeur était à la Division de l'Achillée, sa maison, sa famille, l'endroit où son être était complet.

Bien sur elle avait souffert bien plus que ce qu'on pouvait imaginer, ils lui en avaient fait baver à son entrée, la harcelant de propos plus que déplacés, la traitant de moins que rien, lui volant ses vêtements de sorte qu'elle se retrouvait à travers la division en petite tenue voir pire pour aller tabasser les fautifs. Au début elle en avait hurlé de rage, de colère et de frustration, puis elle avait apprit. Rendre coup après coup, insulte après insulte, bravade après bravade, jusqu'à ce qu'ils apprennent à la respecter un minimum sur le plan personnel. Sur un plan plus professionnel, elle leur avait démontré plus d'une fois sa force et sa capacité à les achever, tant au boken qu'en situation ''réelle''. Ils ne soupçonnaient pas ce petit bout de femme, cette fillette, d'être capable d'un acharnement et d'une tactique plutôt impressionnants pour son jeune âge, tout comme ils n'avaient pas comprit de suite les capacités de son zanpakuto.

Les brimades continuaient, et c'était sans plus aucune surprise qu'elle voyait que ses vêtements avaient encore disparu, que son lit avait été déplacé en plein milieu de la cour au petit matin, que son arme avait été accrochée au sommet d'un toit ou que son tour de corvée revenait bien trop souvent. Dix longues années à subir ainsi, la jeune fille avait apprit et s'était construite en réponse à tout cela. S’entraînant bien plus que tous les autres, vivant au milieu d'eux, elle ne se considérait presque plus comme ce qu'elle était pourtant, une femme. Dix longues années à ne plus cacher ce corps qui portait pourtant des courbes féminines caractéristiques, bien que discrète.

Au début oui, elle avait rasé les murs, trouvé des subterfuges pour récupérer de quoi s'habiller un minimum avant de récupérer ses affaires. Mais plus le temps passait, moins elle s'en souciait. Elle avait fini, au bout d'un ou deux ans, par travers les bâtiments dans le plus simple appareil, sans aucune gêne. Au milieu des hommes, elle avait apprit à se comporter comme eux. S'ils se montraient nus entre eux, elle ne devait pas faire de différence, ne pas être mise à l'écart. Elle avait aussi emménagé dans la chambre commune des shinigamis non gradés, dormant au milieu d'eux au lieu d'être seule, ''privilégiée'' dans une chambre à part. La seule chose qu'elle ne faisait pas était de prendre sa douche ou de se baigner avec eux, préférant largement utiliser la pièce qui avait été faite pour la fukutaisho.

Dix ans plus tard, elle était un peu plus admise au sein de cette communauté qu'elle chérissait tant, même si certains comportements n'avaient pas vraiment cessés. On ne change pas tout du jour au lendemain, et l'arrivée de nouveaux divisionnaires s'étonnant de la présence d'une femme en ces lieux typiquement masculins avait tendance à relancer certaines vieilles habitudes. Mais la demoiselle leur ré-apprenait bien vite qu'elle n'était pas prête de partir, et les choses reprenaient leur cours. Elle fut finalement autorisée à assister aux soirées où le saké coulait à flot, sachant pertinemment que c'était une nouvelle manière de lui montrer qu'elle n'était qu'une femme incapable de tenir la moindre goutte d'alcool.

Les années passaient et elle s'intégrait plus facilement, se faisant une place au milieu de ces hommes sanguinaires. Et tout doucement, elle avait pu devenir une partie tolérable de leur univers, un membre à part entière de la Onzième Division.

I want your touches to scar me so I'll know where you've been.
C'était au cours d'une mission banale qu'elle avait rencontré l'un des éléments déclencheurs de ce qu'elle était devenue aujourd'hui. Lui qui se foutait éperdument d'elle, si méprisant et sur de lui. Était-ce elle ou lui qui avait changé, elle n'aurait su le dire mais à l'époque ils étaient loin de s'entendre. Le combat avait été sanglant, brutal, faire le plus mal possible à l'autre était le but. Et pourtant elle s'était amusée en se battant, chose qui n'était pas arrivée depuis un petit moment. Toujours était-il que cet ancien capitaine, ce traitre, lui avait laissé des cicatrices qu'elle-même n'avait pu guérir, et elle ne l'avait compris que bien plus tard. C'était ce même homme qui l'avait laissé agir en toute impunité dans une ruelle face à cet homme à la chevelure de la même couleur que les yeux de la rouquine.

Coups pour coups, injures, provocations, et au milieu de tout ça une impression de respect et d'attirance qu'elle n'avait jamais connu auparavant, même pas avec celui qui hantait habituellement ses pensées. Il lui avait gravé son initiale sur le ventre, elle avait de même avant de prendre son sang pour se guérir, redonnant par la même occasion ce sang empoisonné qui courrait dans ses veines. Et elle était partie, sans plus rien attendre qu'une paix royale après cette démonstration de force. Les deux hommes possédaient des masques, elle ne savait pas ce qu'ils représentaient alors. Et elle était rentrée chez elle, son éternel enfer qu'elle aimait tant, mais l'image de celui qu'elle avait presque tué s'imposait sans cesse dans son esprit, une chose qu'elle prit pour une manifestation bien étrange de la possession de son sang. Le doute s'était installé en elle, allant même jusqu'à la faire réfléchir sur ce qu'elle ressentait pour son supérieur, pour son taisho, pour son meilleur ami, pour le peu d'êtres qu'elle estimait réellement. Et rien n'arrivait à lui enlever ce doute, celui qui lui soufflait à l'oreille qu'elle n'était pas à sa place. Même la rencontre avec les deux hommes, qui aurait du faire disparaître ce sentiment, n'avait fait que l'accentuer. S'ils avaient raison au fond ? Si sa place n'était pas à la Soul Society mais avec eux, avec d'autres monstres de son espèce?

Fermant les yeux à s'en fendre les paupières, la jeune femme essayait de démêler un peu ses pensées, sa main passant compulsivement dans ses longs cheveux, s'y accrochant parfois comme si elle voulait se les arracher. Bien éphémère douleur que ce serait, comparée à celle qui se nichait non plus dans son esprit mais dans son cœur. Une semaine était passée, une semaine depuis que ses cheveux avaient été brûlés et étaient repoussés comme si de rien était, une semaine depuis qu'elle avait volé le sang de l'homme au masque, le laissant agonisant, le ventre à moitié ouvert et tout un tas d'autres plaies aussi peu ragoutantes. C'était un ennemi, un traître, les documents qu'elle avait trouvé à la Bibliothèque ne faisaient qu'appuyer cette idée,alors pourquoi s'inquiétait-elle de son état, pourquoi espérait-elle follement qu'il soit bien vivant, guérit, et qu'il lui en voudrait suffisamment pour ne plus jamais l'approcher à moins de 3 mètres, ne plus jamais lui caresser la joue comme il avait pu le faire ce jour là. Pourquoi il fallait qu'elle se mette dans un état pareil, tout ça juste pour un mâle...

D'un côté, l'homme qu'elle aime depuis presque toujours, pour qui son cœur se met à battre de manière totalement incontrôlable dès qu'elle aperçoit ne serait-ce qu'un bout de peau dénudée. Encore un autre côté, son taisho, cet homme peu porté sur le déballage de sentiments et de paroles d'encouragement, qu'elle considérait comme un père, bien plus que celui qu'elle avait normalement. Son exemple, la personne qu'elle voulait devenir, cet espèce de mélange de folie totale et de ressenti pur. Et dernier côté, cet homme à la chevelure et au comportement plus qu'étrange, avec qui elle s'était sentie bizarrement ... vivante ... Sans pouvoir se l'expliquer d'ailleurs, mais c'était ce sentiment qui l'avait fait se raccrocher à l'espoir qu'il était sûrement en vie, quelque part, et qu'ils se recroiseraient. Plus de cinquante ans à se comporter comme un homme, ne cédant que très rarement à des instincts bassement féminins et liés à un désir impérieux, elle en avait même oublié ce que signifiait plaire, trop oublieuse d'elle-même dans cet entraînement constant à mourir qu'était devenu sa vie. Son corps n'était qu'une machine à tuer, une peau lisse et douce sur des muscles fins seulement habitués à faire subir le plus de pertes à l'adversaire, sur tous les terrains. Et voilà qu'elle se mettait subitement à espérer que l'un d'eux trouvait grâce à ses yeux.

Elle l'avait revu, sans que rien n'annonce sa venue. Somnolant à moitié sur un banc peu confortable, la jeune femme ne prêtait réellement pas attention à ce qu'il se passait autour. Les yeux fermés, elle essayait de se reposer un peu, chose qu'elle n'arrivait plus à faire les nuits depuis cette rencontre dans la ruelle. Peut-être le sang de l'homme comportait quelque chose qui la contaminait de l'intérieur, à voir comment son cœur se mettait à réagir quand d'aventure l'image du traître traversait son esprit. Ça ne pouvait pas être autre chose, soyons sérieux, elle avait déjà bien assez à faire de ce côté-là. Ça ne pouvait pas non plus être juste une attirance physique, les tiraillements n'auraient pas été dans son cœur mais bien plus bas. La rouquine ne comprenait vraiment pas ce que ça pouvait être d'autre à part une espèce de poison, ou de drogue, le genre à vous rendre tellement accro que votre vie entière devient fade et inintéressante quand vous n'avez pas eu ce contact si subtil, si ténu qu'on se demande s'il a réellement existé. Les yeux désespérément fermés, la rouquine se lassait finalement aller au sommeil, oublieuse de ce qui l'entourait, profitant juste de la légère brise qui se faisait sentir malgré la chaleur de la journée d'été. En revanche, elle ne sentit absolument pas venir le reiatsu pourtant caractéristique de celui qu'elle avait faillit tuer quelques jours plus tôt. Ce n'est qu'en sentant, ou plutôt en ne sentant plus, le soleil sur sa peau qu'elle ouvrit les yeux sous le chapeau, sur le qui-vive. Cette énergie...il était devant elle. Et pour bien confirmer, elle entendit sa voix.

Si tous les renseignements qu'elle avait sur lui étaient justes, elle savait qu'elle devait le fuir, ne serait-ce que pour se protéger, et pourtant quelque chose la poussait à en savoir plus sur l'homme, pas sur ses actes. Elle en profita pour fixer ses yeux sur ceux de l'homme en face, durant le bref temps où leur couleur fut visible. Jamais elle n'en avait vu de cette teinte, inquiétante et brillante comme une antique pierre précieuse. Et cette fois ce ne fut pas son cœur qui rata un ou deux battements, mais son estomac qui semblait contenir une bonne centaine de papillons.

D'une main qui se voulait franche et stable, elle lui tendit les feuillets rassemblant toutes les informations sur lui et son partenaire, ne remarquant même pas ce léger tremblement pourtant bien présent, ce qui la conduit à effleurer la main de son vis-à-vis. Et là...ce fut le drame....pas de battements loupés ou d'insectes en vadrouilles dans son ventre, mais un long frisson qui lui remonta le long de la colonne vertébrale, la laissant le souffle coupé. Pourquoi continuerait-elle à s'accrocher à un espoir vain alors que cet homme juste en face lui proposait bien mieux. La liberté totale associée au fait de ne plus être seule, d'avoir une personne à ses côtés qui la comprenait vraiment.

Cet amour pour l'homme de son enfance, ou en tout cas ce qui y ressemblait en tout cas pour elle, se pouvait-il que ce ne soit qu'une illusion d'enfant, un béguin qu'une toute jeune fille avait eu et auquel elle s'était raccroché pour ne pas sombrer définitivement dans la folie sanglante qui menait sa vie depuis quelques temps. À cette pensée,, ses épaules se levèrent à peine, les muscles de ses bras se crispant légèrement alors qu'elle serrait les poings. Elle ne devait pas hurler sa douleur devant ce mensonge qu'elle s'était créé depuis tant d'années, qu'elle avait entretenu et abreuvé de ses fantasmes, évoluant au fil du temps pour devenir une illusion à laquelle se raccrocher en cas de peine ou de solitude trop lourde. Ne pas se mettre à pleurer comme la gamine qu'elle était toujours finalement, déçue de son propre aveuglement. Et sans vraiment y penser, elle entendit à nouveau la proposition que les deux hommes lui avait fait...Impossible...Et pourtant, ce serait tellement plus simple...Tellement plus facile de quitter cet endroit qui n'avait fait qu'appuyer cet énorme mensonge...Mais elle restait fidèle à son taisho.

Et ils s'embrassèrent, elle la shinigami encore fidèle à la Soul Society et lui le traitre, chose pour laquelle elle serait très certainement condamnée à mort. Son cœur battait à 100km/h minimum, ce sang qui n'était pas le sien circulait dans ses veines à toute vitesse, laissant comme une sensation délicate de brûlure sur son passage. La sensation de ses lèvres, de son corps frôlant le sien, contact si subtil et pourtant bien présent. Pour la femme de ressenti qu'elle était, on ne pouvait rêver mieux, même si les réactions de son propre corps la laissait un peu mal à l'aise. Comment se pouvait-il qu'elle se sente si parfaitement à sa place alors qu'elle venait à peine de penser à renoncer à ce qui la faisait en partie survivre dans son monde sanglant ? Était-elle si volage que l'abandon d'une chose pourtant sure et véritable ne lui faisait plus rien ? Des hommes elle en avait connu, elle ne pouvait le nier, mais aucun jusqu'alors n'avait été si près de lui ravir ce qu'elle gardait jalousement, niant son existence au reste du monde.

Un nouveau baiser vint mettre fin purement et simplement aux réflexions de la furie, se laissant emporter dans le sillage acide et doux du traître qui avait placé ses mains autour de sa taille. C'est à ce moment-là, elle s'en rendait compte aujourd'hui, qu'elle avait définitivement basculé de leur côté.
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MessageSujet: Re: Vertigen   Dim 15 Jan - 4:19

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Et le baiser avait prit fin, une nouvelle fois, la laissant sur un goût amer d'inachevé mêlé de celui plus acidulé et attirant des lèvres qu'elle venait de quitter. Son odeur si particulière, si unique, emplissait ses narines. Elle se sentait parfaitement à sa place oui, alors qu'une légère brise se levait sur eux deux, limite sinistre. Elle pouvait presque y sentir une ombre planant, comme si une tragédie les attendait d'ici peu. Comment lui avouer comme elle se sentait bien en sa compagnie sans lui faire part de ses problèmes, ceux à venir, ceux qui l'attendaient dès son retour. Fermant les yeux, elle inspira légèrement, les mêmes senteurs si étrangement rassurantes.

Son instinct s'était fait plus primal, plus animal, et lorsqu'un intrus vient leur dire d'arrêter, elle le tua purement et simplement. Elle le tua pour le garder, lui, avec elle. Et ça avait été une nouvelle fois un carnage. "Mon principal objectif te concernant est de détruire les quelques restes de psyché encore pure et intègre chez toi ma chère." C'était ce qu'il avait dit ensuite, ajoutant que si elle voulait découvrir ce qu'elle était réellement, elle ne le pourrait jamais à la Soul Society...Et il avait tenu sa promesse, la suite de cette journée n'étant qu'un prémisse à sa longue descente aux enfers. Elle ne se souvenait plus de la suite du combat qu'ils avaient entamé.

La chaleur des rayons de soleil sur sa peau, la lumière qui pointait malgré ses paupières closes, l'impression d'être en sécurité, chose que la jeune femme n'avait pas connu depuis longtemps. La chambre d'hôtel où elle s'était réveillée était vide, juste un mot à côté de la main de son adversaire, amant, traitre, quoi qu'il soit. Un mot lui disant qu'il l'aimait. Un petit sourire naquit sur ses lèvres, tendre et furtif, alors qu'elle se retournait dans le lit, espérant le trouver à côté d'elle. Mais non, le lit était froid, aucune trace de l'homme dans les draps, même pas une trace de son odeur. Ses lèvres retrouvèrent une courbure maussade alors qu'elle s'asseyait. Elle aurait aimé rester là pour l'éternité, ne plus bouger et attendre que le temps passe, qu'il endorme les trop nombreuses douleurs qui l'assaillaient, espérer qu'il revienne et qu'il lui dise des mots qui relevaient plus du fantasme que de la réalité, mais elle n'en avait pas le droit. Elle n'avait pas le loisir d'espérer ne serait-ce que la moitié de ce qu'elle souhaitait, et elle le savait parfaitement. Sortant de son refuge, elle mit un pied sur le sol, puis l'autre. Légèrement chancelante, elle se dirigea vers ce qui semblait être la salle de bain. Dans le miroir, son parfait reflet, les traits un peu tirés mais reposés et les yeux un peu plus rouges que d'habitude. La rouquine semblait normale, personne ne pourrait deviner ce qui avait changé en elle.

Une fois rentrée chez elle, ou du moins ce qui l'avait été jusqu'alors, mais son esprit était resté dans le monde réel, à la recherche de cet autre qui lui inspirait des pensées qu'elle n'avait jamais eu. La Soul Society fut envahie par des ryokas, Madarame-sama, celui qu'elle aimait plus que tout avant, fut blessé gravement, mais elle n'était plus présente sur le plan mental. Même la trahison de plusieurs capitaines ne l'émut pas, ne la révolta pas et Tsukane su ce qu'elle devait faire. Une dernière nuit, une seule, et elle disparaitrait. Sans un bruit, elle déposa un mot au chevet de son capitaine, un simple merci tracé sur un morceau de parchemin, avant de se rendre dans cette chambre qu'elle avait toujours rêvé de voir. Silencieuse, elle déposa un baiser sur les lèvres de l'homme qui dormait paisiblement, s'agenouillant près de lui pour le regarder dormir. Sa voix plus basse qu'un murmure, elle lui dit combien elle l'avait aimé, à quel point elle avait changé pour être prêt de lui, avant de lui dire adieu. Et elle partit, sans un regard en arrière, franchissant le portail qui la séparait du monde réel et de celui qu'elle espérait y trouver. Vaincre ou mourir... La devise de son ancienne division... L'ancienne Tsukane était morte en passant une dernière fois le Dangaï, elle ne se présenterait désormais que sous le prénom d'Akane, le peu de rencontres évitant les problèmes.

Elle l'avait cherché pendant des jours, sans jamais trouvé une trace de lui. Elle avait erré sans jamais s'arrêter, l'épuisement prenant le pas, un mélange de sentiments qu'elle ne parvenait pas à identifier clairement s'imposant pour la laisser hagarde. Cette nuit-là fut un cauchemar éveillé, elle revoyait toujours les images, étrangère à cette scène comme si elle avait regardé de l'extérieur de son propre corps.

Tournant sur elle-même, ses lames fièrement dressées en une danse mortelle et sanglante. Le monde devenait flou sous ses yeux affamés de cette violence tant aimée. Tournis de l'adrénaline, extase des sens en plongeant les lames au plus profond de la chair, l'envie de tordre et fouiller les muscles, toujours plus de sang, elle en voulait encore et encore. Dans sa tête, cela résonnait comme une petite musique entraînante, mortellement entraînante, des murmures à ses oreilles l'amenant vers cette folie meurtrière qu'elle avait toujours chérit. Couper, trancher, perforer, le sang qui giclait, chaud et vermillon, dans sa bouche avide, liquide qu’elle avalait, un sourire sur les lèvres. Ses yeux ne sont plus ''normaux'' si tant est qu'ils l'aient réellement été un jour, regard flou, distinguant seulement l'éclat métallique de ses lames.

Le cœur qui bat à tout rompre, la chaleur dans ses membres, dans son ventre qui fourmille du plaisir de donner la mort. C'est tellement bon, tellement prenant, son cerveau s'embrume dans les méandres de cette jouissance sanglante. Son cavalier lui, ploie sous les plaies, costume Bloody Red tellement plus seyant qu'un banal costard, ça dégouline et lui donne envie de lécher blessure après blessure, les torturer un peu plus, les ouvrir profondément et laper l'élixir qui s'en échappe. Le goût du fer sur la langue, la saveur de l'argent, c'est chaud et ça coule au fond de sa gorge. Tellement bon, tellement...savoureux...Encore et encore elle tournait autour de sa proie, il est à terre déjà. Rien ne pouvait plus le protéger, elle avait gagné, quelques estafilades et il finira par se vider de son sang là, sur le pavé, dans cette nuit que seul la Lune éclaire. Rouge sous argent, rouge sur argent, rouge sur blanc....Le noir n'est pas de mise non...Elle n'y tenait plus, il le fallait contre elle, au plus près, c'était nécessaire, impérieux, vital. Le noir coulait sur ses membres, rejoignant le sol pour baigner dans cette mer qu'elle rêve d'aspirer, et elle se coule tout contre lui, peau contre peau, son sang maquillant sa peau de divines arabesques, elle caresse son torse de ses ongles mortels, toujours plus, encore, il en faut encore plus. Sa langue court, le torse, les mamelons, le cou, les joues et les lobes des oreilles, tellement bon, tellement suave, alors que ses mains immobilisent les poignets.

Ses dents blanches tachées de sang se dévoilent dans un sourire sadique, ses lèvres sont maquillées comme celles d'une reine de bal. Elle sent sa peau, son nez effleurant la surface suintant la peur, mais il ne bouge plus. Plus bas, elle descend toujours plus bas, se coulant tout contre lui, ses jambes glissants sur les siennes. Nombril, petit puits rougeoyant où elle t'abreuve avec délice, avant que sa langue ne contourne lentement des parties plus dures, érigées sous le coup de l'adrénaline et de l'excitation. Cruelle et douce, sanglante et câline, ses mains passent sur ses cuisses, ouvrant toujours plus de profondes entailles, et elle récupère le sang pour le porter à sa bouche, léchant ses doigts en plongeant son regard dans le sien. Elle lèche encore et encore, là aussi quelques gouttes perles, sous des caresses plus délicates, mêlant le blanc et le rouge. D'un mouvement, elle plonge ses lames dans l'artère fémorale, le flot de sang inonde son visage alors que lui se libère dans un râle d'agonie. Mort en plein plaisir, on peut pas rêver mieux. Elle prend bien soin de nettoyer tout ce sang, il est sien, il est rien que pour elle, alors que le corps refroidit déjà.

Dans la nuit s'éloigne une silhouette, frêle et nue, s'éloignant d'une scène en monochromie de rouge. Une dernière lueur, le lampadaire esseulé éclaire ses cheveux, rivière à l'image de son repas sanglant. C'était à ce moment-là qu'elle sentit un changement s'opérer en elle, son instinct brutal se teinter d'une chose qu'elle ne connaissait que trop bien : la peur. Celle qui froidement vous faisait craindre votre ombre, craindre qu'un monstre plus terrible que vous s'y terre. Celle qui vous pousse à vous coller contre un mur à attendre que le soleil se lève et fasse disparaître les zones de noirceurs autour de vous. Et plus insidieux, cette chose qu'elle cachait au plus profond de son cœur, qui le serrait dans un étau, la peur de finir sa vie seule en paria. Personne pour la soutenir dans les coups durs, la fuyant à cause de la chose qu'elle était devenue, la destruction de cet univers qu'elle avait mis tant de temps à comprendre et apprécier. La peur de perdre ceux qui lui étaient chers, d'être abandonnée et laissée seule, rejetée des mondes. Alors qu'elle s'éloignait de sa proie, une chose qui ne s'était pas produite depuis des décennies refit surface : la peur oppressante de n'être jamais aimée pour ce qu'elle était réellement, et les larmes se mirent à couler sur ses joues.

Elle le vit lui à la sortie de la ruelle où avait eu lieu le massacre qu'elle avait si bien orchestré. Lui qu'elle détestait et appréciait pour les mêmes raisons, qui lui avait laissé de vieilles cicatrices invisibles. Il faisait partie de son univers, une odieuse partie de ce monde auquel elle se raccrochait de toutes ses forces pour ne pas sombrer, et son rictus malsain se changea en un sourire plus doux, plus léger, un remerciement informulé pendant que l'argent tranchait ses propres chairs. Elle s'éveilla dans une nouvelle chambre inconnue, sans celui qu'elle espérait, trouvant juste son comparse dans la pièce adjacente. Personne ne savait où était celui qu'elle cherchait, même pas ce nouveau compagnon qui l'avait récupéré.

Et elle restait dans cette chambre, ne sortant que lorsqu'il la forçait à le faire, sous sa surveillance, privée de toute envie de vivre ou d'agir. D'actrice plus qu'active de sa propre vie, elle était devenue spectatrice. Tant de choses lui faisaient défaut, ce qu'elle avait appelé un jour "cœur" était partie en même temps que le peu de contrôle d'elle-même qu'elle possédait. Et elle attendait, jour après jours, que ça s'arrête, sans que cela arrive.

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