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 Un matin comme les autres, difficile...

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On m'appelle Kozuki Tsukane mais est-ce ce que je suis?avatar
Ex-Ju Ichi Ban Tai Yon Seki
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MessageSujet: Un matin comme les autres, difficile...   Lun 24 Sep - 23:34

easier to run
linkin park
Les lueurs de l’aube s’attardaient sur les draps immaculés, vides depuis bien longtemps. Celai faisait des heures qu'elle attendait l'aube, assise au sol face aux grandes fenêtres. Ses nuits étaient une succession d’insomnies et de cauchemars. Toujours le même scénario, seule la figure principale changeait: un être de son passé, un qu'elle avait connu et respecté, la trouvait et la tuait avec une patience et un sadisme tout à fait assumés. Elle sentait parfaitement son sang s'écouler de ses plaies, la douleur causée, et ne s'éveillait en sursaut que lorsque le dernier coup était infligé. Mais au réveil elle se savait en sécurité, seule, dissimulée aux yeux du monde. Dans un soupir la jeune femme se leva et ouvrit la porte de la salle de bain. La solitude était son mode de vie, ça n'allait pas changer aussi facilement...Plus maintenant en tout cas. La pièce se transforma vite en un bain de vapeur, épaisse et aux discrètes effluves de lotus. La chaleur brûlante de l'eau sur sa peau l'enveloppait comme une armure, un cocon dont elle ne voulait pas sortir, vidant souvent complètement l'eau chaude à chaque douche. Elle attrapa une serviette et d'une main effaça la buée sur le miroir, observant ce reflet qu'elle ne reconnaissait pas. Ses longs cheveux avaient disparus, tout comme leur nuance rousse que certains qualifiaient de sanglante. A la place, un carré anarchique d'un noir corbeau qui lui donnait un air sérieux à la limite du gothique. A part des cernes qu'elle avait récoltés au fil des années, son visage restait inchangé, tout comme sa peau blanche et lisse. Un vague sourire esquissé à son reflet et elle repartit dans la pièce qu'elle venait de quitter.

Un grand espace assez vide l’attendait. Elle n’avait jamais eu besoin de beaucoup, et devait être capable de disparaître rapidement en cas de pépin. Un lit confortable, une table et trois chaises, une cuisine vaguement utilisable et un canapé. Sans oublier la monumentale bibliothèque croulant sous les tomes de tous types. Vraiment. De la philosophie extrême orientale aux métaphores obscures au dernier tome de la nouvelle série à la mode. Et il y avait les accessoires : un sac de boxe couronné d’une perruque verte, un katana au mur, quelques lames dissimulées ça et là, un ordinateurs dernière génération et un mp3. La jeune femme lâcha un soupir et se dirigea droit vers le frigo qu’elle ouvrit avant de descendre purement et simplement le demi-bouteille de lait survivante. Une fois son forfait accompli, c’est avec une conviction absolue qu’elle se vautra dans le canapé, regardant le plafond fixement. Et comme à chaque moment d’inactivité, les souvenirs remontaient. Ceux qu’elle avait quittés et qu’elle ne reverrait jamais, ceux qui comme elle étaient considérés comme traîtres, celui qu’elle avait admiré et aimé de loin, et celui pour qui elle avait quitté les siens . Et comme à chaque fois, la frustration, la colère et la douleur se mélangeaient en un tourbillon qui menaçait de la faire à nouveau sombrer dans la folie. Elle ne pouvait pas se le permettre. De rage, elle se releva et se jeta sur le sac de boxe pour frapper encore et encore. D’abord le droit, puis le gauche, toujours, comme un rituel bien précis. Elle aurait donné beaucoup pour l’oubli mais ce n’était toujours pas disponible, malgré l’avis plus que contradictoire des dealers du coin.

Cinq ans, et chaque jour elle avait l’impression de tout revivre. Elle avait choisi de son plein gré de quitter son monde pour vivre dans celui-ci, se cacher et éviter ceux qui avaient été ses camarades pour échapper à la peine de mort qui l’attendait. C’était l’unique destin des traîtres, un procès fantoche et une exécution sur place publique. Cinq ans qu’elle avait décidé de quitter ce qui avait été son foyer pour vivre selon ses envies. Et il ne se passait pas un jour sans que son passé ne revienne la hanter.

Des coups frappés à la porte de tôle arrêtèrent à temps un uppercut et c’est en grommelant qu’elle attrapa un tee-shirt et un boxer dans le grand sac qui traînait par terre, les enfilant à la hâte alors qu’elle descendait ouvrir. Pas besoin de plus, il avait vu bien pire. Une main passée dans ses cheveux qu’elle ébouriffa pour la forme et elle fit coulisser la pièce de métal. Ses lèvres s’écartèrent en un fin sourire qu’elle dissimula aussitôt et elle s’effaça pour faire entrer son visiteur, sa main se perdant à nouveau dans sa chevelure. Un tic attrapé lorsqu’elle les avait coupé la première fois, impossible de s’en débarrasser depuis. Lui semblait toujours aussi aimable, au moins ne lui avait-il pas balancé son poing à la tronche en guise de salutations. C’était une possibilité, une sorte de pratique brutale et pourtant amicale à leur façon, qu’elle lui retournait à chaque fois avec la même ardeur. C’était comme ça qu’ils s’étaient rencontrés, lui le traître, elle petit soldat bien dressé. Et c’était lui qui l’avait aidé à s’installer, dissimulant l’entrepôt à la vue de tous.

Elle le laissa ouvrir le chemin, en profitant pour observer ce qu’il portait. Un costume qui coûtait une petite fortune, histoire de changer, mais qui avait passé plus de temps froissé au sol, ou jeté sur une chaise, que sur lui. L’odeur de son parfum – ou eau de toilette, elle n’avait jamais su faire la différence – était passée, diluée sous sa propre odeur et une autre, plus discrète mais reconnaissable. Le sac de boxe se balançait toujours nonchalamment et la perruque qui le coiffait ne laissait après tout que peu de place au doute. Mais que dire ? La vérité qu’elle lui devait, le semi mensonge qui sauverait les apparences pour eux deux ou simplement se taire ? Choisissant la deuxième solution, elle le dépassa alors qu’il s’asseyait à la table pour fouiller dans le frigo et en ressortit deux bières qu’elle posa devant eux. Un signe de tête, lever la bouteille dans un toast symbolique et boire une longue lampée pour sceller le pacte. Il se passait toujours un temps bien précis pendant lequel personne ne parlait, le regard dans le vide.

Son regard engloba la scène. Cet homme, ce traître qu’elle avait combattu de nombreuses fois, assis en face d’elle, était au final la seule personne à qui elle pouvait se fier. Tout en ayant parfaitement conscience que si le vent tournait il la décapiterait volontiers pour orner sa cheminée de son trophée. Lui qui l’avait hébergé le temps que les traces se brouillent, que la folie et le mutisme se transforme en dépression latente et refoulée, lui qui lui avait offert un travail, illégal mais bien payé, lui qui avait levé les barrières qui protégeaient l’entrepôt qu’elle occupait. Lui qui lui avait ouvert les yeux sur sa situation, avec qui elle avait rencontré un autre traître, qui avait achevé de la convaincre, de tout quitter. Lui qu’elle avait finalement apprit à apprécier malgré leurs nombreuses divergences.

Elle se souvenait parfaitement du jour où ils avaient scellé leur contrat. Sa cuisine, l’odeur du cigare qu’ils partageaient, le miroitement des verres dans le soleil d’un milieu d’hiver banal. La respiration des deux molosses qu’il adorait couchés sous la table, les mots qu’ils avaient échangés. Une partie de son salaire serait investie dans la recherche des informations qu’elle demanderait, en échange de quoi elle travaillerait pour lui, sans jamais poser de questions. Un homme de main, un hitman en un peu plus féminin, ce qui avait des avantages. Le regard qu’ils avaient échangé lorsqu’elle avait demandé s’il chercherait aussi sur Lui. Le silence qui avait prit possession de la pièce, à peine troublé par les expirations pesantes des canidés. Elle savait qu’il connaissait une partie de la vérité, qu’il la lui cachait avec un brio qu’elle ne pouvait qu’applaudir, mais elle voulait en finir avec les secrets. Après de longues secondes, il avait accepté, à la condition qu’elle ne demande jamais sa localisation exacte et son état. Et ils avaient scellé leur pacte d’un tintement de verres et d’une plaie au creux du poignet gauche. La trace de la lame de l’autre, que seul le propriétaire pouvait effacer.

Machinalement, elle caressa la fine cicatrice qui ornait son propre poignet. Des années étaient passées depuis ce jour, et il lui avait toujours apporté ce qu’elle demandait en échange de ses services. Elle avait demandé des nouvelles de leur ancien monde les premières fois, avant de s’intéresser à des sujets plus vagues et techniques, des données, des études. Elle étudiait durant son temps libre, scrutant pendant des heures des pages des relevés, prenant des notes dans un épais classeur qu’elle cachait soigneusement. Ils ne parlaient pas de ce qu’il lui ramenait à moins qu’elle ne lui demande une précision quand elle parcourait rapidement les documents. Et ensuite ils changeaient de sujet.

La lourde enveloppe de kraft qui reposait devant lui contenait un récapitulatif des derniers évènements dans leur monde, ainsi qu’un compte rendu de la situation de certains membres de l’armée, les avancées technologiques récentes. Il devait aussi y avoir un rapport sur ce qui avait été les forces ennemies et leur état-major, diverses informations sur les autres populations de la région, des éléments administratifs et avec un peu de chance, son dernier petit caprice : une solution d’argent biocompatible. Son regard passa de l’enveloppe au visage juvénile qui lui faisait face, lui décochant un sourire franc. Il pouvait se faire passer pour son petit frère, il l’avait déjà fait, et pourtant elle avait retrouvé des traces de sa présence bien avant qu’elle ne vienne au monde, avant l’époque des premiers traîtres. Oh bien sur elle ne se renseignait jamais directement sur lui, mais il n’était pas aussi décérébré qu’il en avait l’air, loin de là.

- La nuit a été longue patron ?

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